Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : Plusieurs jeunes chiites afghans ont exprimé leur inquiétude face à la multiplication des traditions sociales onéreuses dans un contexte de crise économique, de pauvreté croissante et de chômage. Ils estiment que certaines pratiques, en particulier l’organisation de mariages somptueux, aggravent les difficultés financières des jeunes et de leurs familles.
Hadi Morawwej, étudiant chiite à Kaboul, a déclaré lundi 19 octobre à un journaliste d’ABNA que, parallèlement à l’extension de la pauvreté et du chômage, certaines traditions sociales inadaptées imposaient une lourde charge financière aux jeunes et aux familles.
« Ces derniers temps, nous assistons à des cérémonies de mariage organisées à grands frais, avec de nombreuses dépenses inutiles. Une grande partie du problème vient des traditions familiales qui, sans tenir compte de la situation économique de la société, poussent les familles vers des dépenses écrasantes », a-t-il expliqué.
Insistant sur le rôle de sensibilisation des médias et des oulémas, Hadi Morawwej a dénoncé les rivalités sociales malsaines, notamment le choix d’hôtels luxueux pour les mariages et l’imposition de sommes élevées au titre du shir baha, une contribution financière traditionnellement exigée dans le cadre du mariage. Selon lui, ces pratiques empêchent de nombreux jeunes de se marier ou les contraignent à commencer leur vie conjugale avec des dettes.
L’étudiant, lui-même sur le point de se marier, a ajouté que la dégradation de la situation économique, les difficultés liées aux études, l’incertitude quant à l’avenir ainsi que la persistance de la pauvreté et du chômage en Afghanistan l’avaient empêché d’épouser la jeune femme qu’il aime.
Il a également évoqué les conséquences de cette situation : certains jeunes émigrent vers les pays voisins afin de réunir l’argent nécessaire à leur mariage, tandis que d’autres renoncent à se marier faute de moyens. Certaines familles, confrontées à des difficultés financières, se tournent quant à elles vers les mariages collectifs.
Pour Hadi Morawwej, le coût élevé des mariages est devenu un problème silencieux au sein des familles. Il a appelé les médias et les oulémas à jouer un rôle actif dans la sensibilisation de la population et la lutte contre ce phénomène, soulignant qu’il ne fallait pas négliger ses conséquences psychologiques et sociales.
La nécessité de maîtriser les dépenses des mariages et des cérémonies de deuil
D’autres jeunes chiites ont, de leur côté, salué l’intervention des organisations caritatives dans l’organisation de mariages collectifs. Ils ont toutefois souligné que de nombreuses familles, malgré leurs difficultés financières, hésitaient à participer à ces cérémonies par crainte du jugement social et du regard des autres.
Reza Mousavi, habitant de la ville de Mazar-e-Charif, a également insisté sur la nécessité de mieux maîtriser les dépenses liées aux événements familiaux, qu’il s’agisse des célébrations ou des cérémonies de deuil. Selon lui, ces coûts plongent de nombreuses familles dans des difficultés économiques.
« Dans les conditions actuelles, même les familles dont la situation économique est relativement favorable subissent des pressions lorsqu’elles doivent faire face à un deuil ou organiser un mariage. Des dépenses telles que la préparation des repas et l’achat de cadeaux dépassent souvent leurs capacités financières. Certaines de ces obligations ne sont d’ailleurs pas conformes aux enseignements islamiques », a-t-il déclaré.
Critiquant la généralisation des traditions coûteuses lors des mariages et des cérémonies de récitation de la Fatiha en mémoire des défunts, Reza Mousavi a estimé que ces pratiques imposaient une charge supplémentaire à la population, alors que la pauvreté et le chômage progressent et que de nombreuses familles peinent même à se procurer les denrées alimentaires nécessaires.
Ce citoyen chiite de Mazar-e-Charif a enfin souligné que les notables locaux, les oulémas et les médias pouvaient contribuer efficacement à la réforme de ces traditions et à la réduction des dépenses superflues grâce à des initiatives culturelles et à des actions de sensibilisation.
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